Beck I., Vaillant M. (1998)
Comprendre un texte argumentatif.

Annales de didactique et de sciences cognitives 6, pp.89-115.

  

1. Les Cadres de définition du texte argumentatif

  
© IREM de Strasbourg

1. Les typologies textuelles

a/ les sources :

Lorsque la linguistique dans les années 1960 a commencé, suivant les termes de Benveniste (1966, p. 13) , à s'intéresser au "discours", à "la langue comme instrument de communication" et non plus seulement comme "système de signes", et à ne plus se limiter à la phrase mais à étudier les suites de phrases, diverses entreprises de "classements de textes" ont vu le jour, prenant comme critère par exemple la fonction dominante du texte selon le schéma de Jakobson (1963) : fonction émotive, référentielle, poétique, etc... ou la façon dont s'organise la succession des propositions, selon un "ordre" temporel, spatial ou logique (Dubois 1969).
   Benveniste a classé les textes en "discours" ou "récits" suivant la présence ou l'absence d'un certain nombre de caractéristiques linguistiques qui obligent à se repérer par rapport à la situation d'énonciation (1). Il a ainsi ouvert la voie à de nombreuses recherches dans deux directions : classer les textes d'après des groupements de caractéristiques linguistiques (Bronckart 1985) et étudier la place de l'énonciation dans la langue. Parmi ces dernières, citons en particulier les travaux de Ducrot mettant en valeur de " l'orientation argumentative dans la langue" (cf.. plus loin page 5, § c).
   Mais aucune de ces recherches ne fait intervenir la catégorie "texte argumentatif".

b/ Les " types de textes "

E.Werlich (1976) propose cinq catégories de textes : narration, description, exposition, argumentation et instruction. Il définit deux critères sur lesquels il s'appuie pour cette classification :

• l'existence de conduites langagières adaptées à des situations de communication : par exemple expositives pour informer ou persuasives pour modifier l'opinion, la volition de quelqu'un.

• ce qu'il appelle " the basic cognitive process of contextual categorization ". Il explique ainsi que pour la narration " the focus is on factual and/or conceptual phenomena in the temporal context " et pour l'argumentation " on the relations between concepts of phenomena " (ibid. p.19).

Les linguistes qui travaillent dans cette direction (e.g. travaux de J-M Adam ou B. Combettes) vont chercher à définir, pour chaque catégorie, "à un niveau global (superstructure), un schéma d'organisation, un plan d'ensemble" et, "au niveau microstructurel" (Petitjean 1986-1987) des ensembles de caractéristiques linguistiques, par exemple un usage particulier des temps verbaux.
   Cette classification a été reprise dès 1979 dans un manuel scolaire publié par B. Combettes, J. Fresson et R. Tomassone (1979) et a pris de plus en plus d'importance dans la didactique du français, et des langues, car elle permet d'articuler les différentes activités du cours de français (apprendre à lire et à s'exprimer et étude de la langue) et d'introduire de nombreux outils nouveaux issus des sciences du langage.
   Cependant tous les auteurs se sont heurtés à la difficulté de faire entrer la multiplicité de l'ensemble des textes dans quelques catégories assez strictement définies ou ont cherché à redéfinir ces dernières. Tous, dès le départ, ont précisé qu'à côté des textes "purs" on trouve des textes relevant de plusieurs types, avec une dominante. J.-M. Adam préfère classer les "séquences" combinées dans un texte que les textes. Il propose aussi de réserver la classification à la structure des séquences, c'est-à-dire à l'organisation hiérarchique des propositions ou "grandes formes de mise en texte" s'appuyant sur "un découpage prélinguistique du référent" (Adam 1992 p. 97). D'autres "plans d'organisation textuelle" intervenant et expliquant la diversité finale des textes, mais ne relevant pas d'une typologie.

c/ Les critères de définition du texte argumentatif

Définir les caractéristiques permettant d'identifier un texte narratif n'a pas posé les mêmes difficultés que pour les autres types de textes. Tout d'abord les recherches effectuées autour du récit étaient déjà très nombreuses et fournissaient des modèles structuraux d'organisation pour les textes. De plus une organisation de type chronologique est sans doute plus aisée à comprendre.
   Au contraire, on a rencontré beaucoup de difficultés pour définir les caractéristiques permettant d'identifier un texte argumentatif. On ne disposait d'aucune description de son organisation, mais seulement de notions comme celles de "thèse soutenue/réfutée" et d'argument. Les formes des textes argumentatifs apparaissaient comme trop diverses. Le recours à une rhétorique qui multiplie les catégories pour désigner les sortes d'arguments renforçait cette difficulté.
   De plus si dans toutes les classifications il y a un type de texte argumentatif à côté du narratif et du descriptif, les autres catégories peuvent varier entre informatif, explicatif, expositif, instructif, injonctif... De ce fait, les critères caractérisant le texte argumentatif varient de façon importante suivant les catégories dont on cherche à le distinguer : argumentatif/explicatif ou argumentatif/expositif par exemple.
   Non seulement ces critères varient suivant les auteurs mais ils sont parfois très flous. Ainsi certains considèrent le " but " du texte dans la situation de communication comme déterminant. Par exemple A. Petitjean (op. cit.) classe, d'après ce critère, le texte suivant comme " instructif ", même s'il s'organise comme une conclusion et deux arguments :

" En cas de troubles cutanés, n'appliquez pas localement n'importe quel médicament, notamment les antibiotiques ou les dermocorticoïdes. Cela pourrait s'avérer néfaste pour la peau et gêner le diagnostic du médecin. "

Or la définition de ce critère est flou. Par exemple, l'opposition "faire comprendre/convaincre " qui permet de distinguer texte explicatif et argumentatif soulève autant de difficultés qu'elle en résout. B. Combettes (op. cit. () écrit que " la volonté d'informer est très proche de la volonté de transformer une croyance fausse ". Certains ont même assimilé cette opposition à celle qui oppose recours à l'intelligence, à la raison et recours à la subjectivité. Ainsi dans un manuel scolaire les auteurs estiment qu'on trouve les textes informatifs et explicatifs dans " les livres scientifiques et les manuels scolaires " et les textes argumentatifs dans les " tracts, courrier, dépliants, prospectus " (Lire à loisir-4è, Nathan, 1992, p. 51 ).
   Enfin la recherche de caractéristiques linguistiques dépendra des autres critères de définition : le dernier manuel cité, par exemple, cherchera dans les textes explicatifs " un vocabulaire neutre et la présence de généralisations " et dans les textes argumentatifs " un vocabulaire marqué, des tournures de mise en relief, des renvois à l'interlocuteur ".
   Ainsi caractériser un texte argumentatif est une entreprise difficile. Pour l'enseignant de français, la façon de le faire doit permettre d'évaluer et de faire progresser la compréhension que les élèves ont de tels textes.

2. Comprendre un texte argumentatif à partir des "indices" linguistiques

a/ La lecture de textes argumentatifs en didactique du français

L'ouvrage de référence est actuellement celui de A. Boissinot (1992). Après avoir constaté qu'il n'y a pas pour l'argumentation de "théorie constituée" comme la narratologie pour le récit, il se propose de retenir dans les "modèles" issus de la rhétorique, de la philosophie et des sciences du langage, ce qui a une efficacité pédagogique. Il décrit trois "traits constants d'organisation des textes argumentatifs" (ibid. p.37) :

• leur "déroulement" mène d'une thèse réfutée à une thèse proposée, par un "processus d'argumentation".

• leur développement se fait autour d'un certain nombre d'arguments.

• ils ont un caractère "dialogique", car "deux points de vue s'y croisent de façon plus ou moins explicite".

Les différentes formes d'argumentation correspondent à une prédominance de l'une ou l'autre de ces caractéristiques. Chacune se manifeste par un recours privilégié à certains outils linguistiques.

b/ La méthode proposée

A. Boissinot propose une "grille de lecture" en trois étapes :

• Il s'agit d'abord de repérer systématiquement un certain nombre " d'indices " constitués par des " procédés linguistiques " qui traduisent dans le texte les caractéristiques dégagées plus haut. Ces procédés ne sont pas tous nécessairement présents dans un texte, et les catégories d'indices peuvent se révéler plus ou moins " productives " selon les textes (ibid. p.57).

• Dans un deuxième temps, l'observation de la répartition de ces indices dans le texte, leur interprétation et celle de leur évolution au cours du texte doivent permettre des hypothèses sur la " dynamique du texte ".

• "Enfin l'interprétation amène à recouper les trois types d'indices pour passer du repérage local à une prise en compte globale du texte " (ibid.), c'est-à-dire repérer les thèses en présence, identifier les arguments et la thèse à laquelle ils se rattachent, leur " agencement ", ce que l'auteur appelle reconstruire "le circuit argumentatif".

c/ Les " indices " retenus

Ils sont regroupés en trois catégories :

• Les " indices d'énonciation " sont nombreux. On relèvera le jeu des pronoms personnels, et on sera attentif aux sens de on. On s'intéressera à tout ce qui constitue un " trait de subjectivité " dans le choix du lexique et aussi à ce qui " oriente " vers telle ou telle conclusion, suivant les études de Ducrot (1980, 1984). Par exemple, l'énoncé " il est à peine en retard " oriente vers la conclusion " ce n'est pas grave ", alors que l'énoncé " il est presque en retard " oriente dans l'autre sens.
   A. Boissinot met encore dans cette catégorie les procédés par lesquels celui qui argumente "signale son degré d'adhésion aux contenus énoncés" (op. cit. p.52) et la façon dont il rapporte les "énoncés d'autrui". Ces indices doivent mettre sur la voie du repérage des deux thèses en présence.

• Le repérage des "champs lexicaux"(2) doit surtout permettre de relever des oppositions et d'observer comment ces champs lexicaux sont reliés à "deux pôles dont l'un est valorisé et l'autre dévalorisé". L'auteur avertit que la définition de la notion de "champ lexical" n'est pas toujours assez précise. Il signale aussi que l'interprétation de ces indices "suppose au moins un début de compréhension du texte" (ibid. p.57).

• " les indices d'organisation " sont aussi bien la disposition typographique que le choix des thèmes du texte et l'ordre dans lequel ils apparaissent ("la progression thématique") ou les "connecteurs argumentatifs"(3). D'autres entrées sont encore proposées comme le repérage des métaphores et des comparaisons. A partir de ces indices il s'agira en particulier de repérer le découpage des arguments et leur "agencement".

Comment passer du relevé des indices à l'organisation du texte ? L'auteur répond en donnant des exemples de lecture de textes suivant sa "grille". Cette question de l'organisation du texte apparaît comme centrale pour la compréhension du texte argumentatif. Notre collaboration entre professeurs de mathématiques et professeurs de français nous a conduits à l'aborder d'une autre manière.

3. Les caractéristisques de l'argumentation

Partant de l'idée que comprendre un texte argumentatif c'est reconstruire l'argumentation qu'il présente, nous nous sommes d'abord intéressés à l'organisation de la représentation que doit construire le lecteur au cours de son activité de compréhension de texte. Les publications de R.Duval nous permettent de préciser quelques caractéristiques de l'organisation de l'argumentation.

a/ le raisonnement comme organisation de propositions.

La première caractéristique concerne le type d'organisation recherchée : il ne s'agit pas de reconstituer une succession chronologique d'événements comme dans une narration, ni de caractériser différents éléments tout en les situant dans un objet ou une unité d'ensemble comme dans une description.
   Cette remarque élémentaire a pour conséquence que les unités de l'organisation globale d'un raisonnement ne sauraient être des "objets". Il s'agit obligatoirement de propositions, c'est-à-dire d'énoncés susceptibles de prendre une valeur de vérité ou une valeur épistémique (évidence, absurdité, vraisemblance etc...). Par exemple pour la compréhension du texte de Zola proposé lors de l'évaluation seconde en 1994, des éléments comme "la littérature" ou "les œuvres d'art" ne peuvent permettre de reconstruire le raisonnement. Il faut partir d'énoncés comme "l'art et la littérature meurent de leur belle mort".
   Ces propositions peuvent ou non correspondre à des propositions au sens grammatical du terme. Un groupe comme "la mort de l'art et de la littérature" pourrait aussi renvoyer à l'énoncé "l'art et la littérature meurent" .

b/ Une organisation orientée

L'organisation propre à un raisonnement se fait en fonction de l'orientation de chaque proposition vers une proposition que -- suite à R. Duval -- nous appellerons énoncé-cible, car les mots "conclusion" et "thèse" peuvent prendre des sens plus particuliers.
   Dans le cas de l'argumentation l'énoncé-cible est la proposition dont on cherche à convaincre l'interlocuteur. Puisqu'il s'agit d'une proposition dont on veut convaincre, elle implique toujours l'existence -- même non explicite dans le texte -- d'une proposition contraire qu'on cherche à dévaluer.
   Dans un texte, l'énoncé-cible peut être explicite, mais aussi apparaître sous la forme de l'énoncé auquel l'auteur s'oppose et non sous la forme de l'énoncé dont il cherche à convaincre ; il peut même rester complètement implicite. R. Duval (1992 p.6) donne l'exemple de l'argumentation fameuse de Voltaire en faveur de Callas, conduisant à conclure que la condamnation de Callas est injuste sans jamais l'affirmer.
   Puisqu'il y a toujours une affirmation que l'on rejette en même temps qu'une affirmation contraire que l'on défend, un texte argumentatif s'organise autour de deux points de vue, traditionnellement "le pour et le contre". Il est indispensable pour le comprendre d'identifier clairement ces deux points de vue et de bien partager dans le texte les propositions et les formulations à relier à chacun d'eux. On retrouve ici les deux "pôles" d'A. Boissinot.
   Mais dans cette organisation en fonction de l'énoncé-cible toutes les propositions n'ont pas le même rôle. Une proposition sera une déclaration, un jugement alors que la suivante pourra être une justification de la première (ou le contraire). L'organisation se saisit des propositions en fonction de leur statut(4) qui peut être marqué ou non par des expressions linguistiques.

c/ Différence entre raisonnement explicatif et raisonnement argumentatif

Deux types de textes sont organisés en fonction d'un énoncé-cible : l'explication et l'argumentation. Mais leur fonctionnement est différent.

Nous venons de rappeler que dans un texte argumentatif il s'agit de convaincre de l'énoncé-cible, c'est-à-dire que le contenu de cette proposition doit apparaître en fin d'argumentation comme plus certain qu'il ne l'était au départ.
   Ainsi dans le texte de Maupassant proposé à l'évaluation seconde (voir texte en annexe), argumenter pour " on ne peut aimer qu'une seule fois " c'est donner des raisons pour répondre à la question " Pourquoi dites-vous qu'on ne peut aimer qu'une seule fois ? "
   S'il y a argumentation c'est parce que celui qui argumente pense que l'énoncé-cible n'a pas au départ le même degré de fiabilité pour l'interlocuteur que pour lui. C'est cette différence entre deux positions opposées (quand l'un pense l'énoncé-cible comme certain, et l'autre comme impossible, par exemple) ou éloignées (l'un pensant certain ce que l'autre juge seulement possible) qui donne lieu, dans un texte, aux deux points de vue dont nous avons parlé au paragraphe précédent.

Dans une explication, on n'évalue pas le bien-fondé d'une affirmation. On met en relation des faits pour permettre de les comprendre. Par exemple pour expliquer qu'on ne peut aimer qu'une seule fois, quelqu'un pourrait mettre en relations différentes caractéristiques affectives et psychologiques des êtres humains qui permettraient de comprendre pourquoi un deuxième amour est impossible, sans que cette impossibilité ne soit remise en question.
   Dans la mesure où une proposition que l'on comprend mieux acquiert de ce fait même un degré de fiabilité plus grand, la distinction entre argumentation et explication, surtout dans les textes peu élaborés, n'est pas toujours évidente, et ne constitue pas un but en soi.
   Mais il est important que le lecteur soit attentif à toute explicitation du degré de fiabilité que l'auteur donne à telle proposition ou de celui qu'il lui prête aux yeux de l'interlocuteur, que ce soit par des expressions comme " il est certain que " ou moins directement par une forme interro-négative par exemple. Tout ce qui constitue une évaluation du bien-fondé des raisons produites est à rechercher pour comprendre l'organisation de l'argumentation.

d/ La compréhension de l'organisation de l'argumentation

Elle se fait à deux niveaux : d'une part il s'agit de repérer chaque argument et de comprendre son fonctionnement, d'autre part il est nécessaire d'articuler entre eux les différents arguments d'après les relations qu'ils entretiennent entre eux et avec l'énoncé-cible.

Pour chaque argument il s'agit de repérer le statut des propositions qui le composent (même si on trouve aussi des jugements de valeur sans justification) et donc de se demander :

• quelle proposition est prise comme point de départ ? y en a-t-il une ou plusieurs ?

• quelle est la conclusion proposée ?

• quelles relations sémantiques existent entre ces propositions, et entre les termes qui les composent, permettant de justifier l'inférence proposée ?

• Pour justifier cette inférence a-t-on besoin d'un " loi " plus générale, explicitée ou non dans le texte, ou s'agit-il d'une inférence directe ?

Cette organisation de l'argument peut ou non être soulignée par des connecteurs ou d'autres caractéristiques linguistiques que l'on va rechercher en fonction de ce qu'elles indiquent du fonctionnement de l'argument.

L'organisation globale du texte repose à la fois sur la pertinence des arguments, c'est-à-dire sur les relations entre leur contenu sémantique et celui de l'énoncé-cible, et sur les relations entre eux.
   Elle prend en compte aussi bien leur orientation -- en faveur ou contre l'énoncé-cible -- et leur force, suivant qu'ils résistent ou non à l'objection. L'opposition entre propositions intervient de deux façons dans cette organisation. D'une part l'opposition entre l'énoncé-cible et l'énoncé qu'on cherche à réfuter fait qu'on donnera des arguments en faveur de l'énoncé-cible et des arguments contre l'énoncé qu'on veut dévaluer. D'autre part l'organisation peut aussi reprendre l'opposition entre deux arguments, l'un orienté pour une thèse et l'autre contre, et faire intervenir leur force respective pour orienter globalement vers l'énoncé-cible.
   Ainsi le jeu des oppositions dans un texte est souvent complexe et on ne peut le traiter sans tenir compte du statut des propositions. D'autant plus qu'introduire une opposition à l'intérieur de ce qui était présenté comme simple par l'adversaire est une façon de démolir son argumentation.
   Aux niveaux de l'organisation de chacun des arguments et de l'organisation globale de l'argumentation, la variété des textes argumentatifs est très grande.

Nous avons choisi de confronter à ces quelques orientations le travail proposé sur la compréhension d'un texte argumentatif lors de l'évaluation à l'entrée en seconde. En effet on dispose là à la fois d'un ensemble de questions sur des textes et de réponses attendues comme indicatrices de compréhension. De plus le choix des textes, des questions et des réponses avait un statut d'évaluation nationale ce qui, sans lui donner vraiment une valeur de norme, permet au moins de le considérer un indicateur de ce qui se passe dans les classes, sous une forme souvent plus partielle et moins observable. Il s'agit de la première expérience à ce niveau charnière entre le collège et le lycée, en septembre 1994.

Notes

L'énonciation étant l'acte de produire un énoncé, la situation d'énonciation recouvre les participants : énonciateur, destinataire, etc, ainsi que les relations entre eux, les circonstances spatiales et temporelles et tous les autres aspects du contexte. [Back]
Un champ lexical est une " série de termes renvoyant à une même réalité ou à un même concept " [
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L'étude des connecteurs a été une des premières recherches en didactique du français sur les textes argumentatifs (cf. Groupe INRDP, "Logique et Langage", Recherches Pédagogiques, n°56, 1976, pésenté par O.Ducrot) et continue à occuper une place importante (cf. Pratiques, n°84, 1994.) Mais tous les textes argumentatifs n'en comportent pas. [
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Le statut d'une proposition " correspond au rôle qu'elle remplit vis à vis d'un autre énoncé dans l'organisation globale d'un discours : prémisse, règle, conclusion. " (Duval, 1995, p.123). Il s'agit ici du " statut opératoire " qu'on trouvera dans tous les textes de raisonnement. Par contre le " statut théorique ", fixé par un " état des connaissances " (conjecture, théorème, hypothèse, etc...), ne peut exister que dans des domaines commes les mathématiques. Dans le cas particulier de la démonstration, les propositions ont donc un double statut. (cf. Duval-Egret 1993, page 5) [
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